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| MINISTÈRE DE l'EMPLOI ET DE LA SOLIDARITE |
| La ministre de l'emploi et de la solidarité à Madame et Messieurs les préfets de régions Mesdames les rectrices, Messieurs les recteurs dacadémie. Mesdames et Messieurs les directeurs Mesdames les présidentes, Mesdames les directrices, Messieurs les directeurs Mesdames et Messieurs les préfets de département, Mesdames les inspectrices dacadémie, |
| CIRCULAIRE N°DGS/SD6D/MEN/2002/68 du 4 février 2002 relative à la mise en uvre dun plan daction pour les enfants atteints dun trouble spécifique du langage oral ou écrit |
| Résumé : Circulaire cadre dorientation générale interministérielle précisant, pour lensemble des professionnels de lenseignement et de la santé, les objectifs du plan daction et la démarche globale articulant les actions de prévention, repérage, remédiation et/ou de prise en charge ou orientation des élèves présentant des troubles spécifiques dapprentissage du langage oral et écrit. Mots-clés : troubles spécifiques dapprentissage et des acquisitions scolaires (DSM IV et CIM 10) dysphasie dyslexie repérage dépistage réseau prise en charge multidisciplinaire centres référents hospitaliers - CAMSP CMPP CDES guide-barème. Textes de référence : Circulaire DH/EO/97 n° 97/277 du 9 AVR 1997 relative aux réseaux de soins et communautés détablissements - circulaire DGS/SQ2/DAS/DH/DSS/DIRMI/99/648 du 25 novembre 1999 relative aux réseaux de soins préventifs, curatifs, palliatifs ou sociaux circulaire DHOS/01/2001/209 du 4 mai 2001 relative à la prise en charge hospitalière des troubles spécifiques dapprentissage du langage oral et écrit Textes abrogés : Circulaire n° 90-023 du 25 janvier 1990 : Recommandations et mesures en faveur des élèves rencontrant des difficultés particulières dans lapprentissage du langage oral et du langage écrit-NOR : MENE9050053N Annexes : |
| La maîtrise de la langue orale et écrite constitue lenjeu central de toute scolarité et, au-delà, un élément essentiel de lexercice de la citoyenneté. Le développement de compétences langagières et linguistiques est un facteur déterminant dans lélaboration des processus de communication et de conceptualisation. Il fait, à ce titre, lobjet dune attention particulière de la part des parents, ainsi que des professionnels, enseignants en particulier, concernés par léducation du jeune enfant. En effet, toute difficulté persistante présentée par un élève en ce domaine est susceptible dinduire des conséquences dommageables sur son développement personnel et scolaire. Cest la raison pour laquelle, dès lécole maternelle, la manifestation de difficultés requiert la vigilance et un ajustement de laction pédagogique. Pour certains enfants cependant, cette action conduite dans le cours normal des activités de la classe ou de lécole, savère insuffisante ou inefficace. Lorsque lensemble des signes dalerte manifestés par un élève laisse à penser que les difficultés quil rencontre peuvent être en rapport avec des troubles spécifiques du langage oral ou écrit, il est indispensable de mobiliser les compétences dune équipe pluridisciplinaire capable dapprofondir les examens et détablir, dans les meilleurs délais, un diagnostic fiable. Les enfants porteurs de tels troubles nécessitent en effet une prise en charge précoce et durable, parfois tout au long de leur scolarité. Définition des troubles spécifiques du langage oral et écrit Les troubles spécifiques du langage oral et écrit (dysphasies, dyslexies) qui font lobjet de cette circulaire sont à situer dans lensemble plus vaste des troubles spécifiques des apprentissages qui comportent aussi les dyscalculies (troubles des fonctions logico-mathématiques), les dyspraxies (troubles de lacquisition de la coordination) et les troubles attentionnels avec ou sans hyperactivité. Leur originalité tient à ce que ceux-ci ne peuvent être mis en rapport direct avec des anomalies neurologiques ou des anomalies anatomiques de lorgane phonatoire, pas plus quavec une déficience auditive grave, un retard mental ou un trouble sévère du comportement et de la communication. Ces troubles sont considérés comme primaires, cest-à-dire que leur origine est supposée développementale, indépendante de lenvironnement socio-culturel dune part, et dune déficience avérée ou dun trouble psychique dautre part. Les objectifs du plan daction Le plan global proposé doit permettre un meilleur repérage et dépistage ainsi quune prise en compte plus efficace des troubles spécifiques du langage, notamment dans le cadre de lécole. Il doit donner la possibilité, aux parents de ces enfants, daccéder, dans des délais raisonnables, à un diagnostic précis assorti dune prise en charge appropriée à chaque situation. Lobjet du présent texte est de préciser les modalités qui doivent présider à lélaboration de ces différentes démarches. Il sarticule autour de trois objectifs prioritaires : - Connaître et comprendre ces troubles I - Connaître et comprendre ces troubles Lidentification des troubles spécifiques du langage sinscrit le plus souvent dans le contexte particulier de lécole et des apprentissages fondamentaux. Dans certains cas cependant, en amont de laction pédagogique du maître, ont pu avoir lieu des interventions préventives des professionnels de santé consultés par les familles. Il est souhaitable alors que lécole en soit informée, si possible dans léchange qui sétablit à loccasion de la première inscription à lécole. En tout état de cause, le principe du libre choix des familles, tout au long de leurs démarches de consultation, doit ici être rappelé. I 1 - Prévenir sans stigmatiser En milieu scolaire, le repérage est rendu complexe par le fait que, dans une première approche, les manifestations de ces troubles, sauf dans les cas très sévères datteinte du langage oral, ne sont pas radicalement différentes de celles qui peuvent se présenter chez nombre délèves. En effet, la nature et la forme des difficultés relatives au langage oral ou écrit sont multiples, leur intensité variable, leurs origines souvent incertaines. Nombre dentre elles sont transitoires, en lien avec la situation scolaire qui confronte lenfant à un contexte social nouveau, plus ou moins éloigné de celui quil vit dans sa famille, ainsi quà des apprentissages dont il peut, à certains moments, mal percevoir le sens et la finalité parce quils sont différents de ceux quil a pu effectuer de manière spontanée. Lidentification des troubles spécifiques du langage nest pas aisée parce que les difficultés observées dans le domaine de la maîtrise de la langue orale et écrite, peuvent revêtir une pluralité de significations. Cest pourquoi lécole doit se garder dun double écueil, celui de la banalisation comme celui de la stigmatisation. Les réponses ne peuvent être trouvées que dans la réflexion menée par léquipe éducative, associant nécessairement à lenseignant les personnels des réseaux daides spécialisées, le médecin et linfirmière de léducation nationale, ainsi que les parents de lélève. Il apparaît nécessaire de développer dès lécole maternelle des actions de prévention et de repérage des enfants présentant des signes dalerte pouvant évoquer des troubles spécifiques du langage. Ces actions de prévention se fondent sur une pratique pédagogique diversifiée et structurée, centrée sur lacquisition de la langue orale. Elles doivent sadresser à tous les enfants, a fortiori à ceux qui présentent des risques de difficultés ou des symptômes de trouble du langage. Elles prennent appui sur la connaissance fine des élèves par le maître. Afin de faciliter la tâche des équipes pédagogiques, les objectifs dapprentissage du langage seront clarifiés dans les nouveaux programmes pour lécole primaire ; des recommandations relatives à la différenciation pédagogique et à lévaluation des compétences des élèves seront incluses dans les documents daccompagnement de ces nouveaux programmes. Par ailleurs, des outils dévaluation pour le langage oral et lentrée dans le langage écrit en grande section de maternelle et en cours préparatoire, élaborés au plan national, commencent à être diffusés aux maîtres. Les protocoles nationaux dévaluation en cours élémentaire 2ème année et en classe de 6ème seront enrichis dexercices nombreux et variés afin de permettre aux enseignants de ces classes, en collaboration avec les membres du réseau daides spécialisées aux élèves en difficulté (RASED), danalyser plus précisément les difficultés rencontrées par les élèves dans lapprentissage du langage oral et écrit. I 2 - Repérer, dépister, diagnostiquer Le regard du professionnel de lenseignement, quest le maître de la classe, conjugué à celui des membres du RASED, permet de repérer les élèves présentant des signes dalerte. Il est alors indispensable que, dès ce moment, soient engagés avec les parents les échanges nécessaires afin de les informer et de les associer aux démarches daides entreprises au sein de lécole. Ils peuvent ainsi aider à préciser les manifestations éventuelles observées dans le milieu familial. Ces échanges réguliers avec les parents et la qualité des informations qui leur sont données par tous les professionnels concernés constituent lune des conditions premières de lefficacité des démarches entreprises. A partir de ce repérage, un médecin de P.M.I. ou un médecin de lEducation Nationale, selon lâge de lenfant, effectue un dépistage. Le premier dépistage sera réalisé par le médecin de PMI, à loccasion du bilan de 3-4 ans, sur la base des informations fournies par lenseignant, la famille, les membres des RASED. Une attention particulière devra être apportée à leffectivité de ce bilan de 3-4 ans dont le taux de couverture est actuellement très variable selon les départements. Un second dépistage sera organisé dans les mêmes conditions, auprès des enfants de 5-6 ans, par le médecin de lEducation nationale. Larticle L. 541-1 du code de léducation prévoit en effet que tous les enfants soient obligatoirement soumis à une visite médicale au cours de leur sixième année : ce bilan de santé est déjà réalisé par les médecins et infirmières de lEducation nationale avec un taux de couverture de 92 %. Il convient de le faire évoluer afin quil soit clairement un moyen dexplorer les capacités langagières des enfants et quil puisse conduire à un échange entre la famille, les professionnels de santé et les professionnels de lenseignement. A cette fin, des outils dévaluation et de dépistage des troubles du langage feront lobjet de recommandations par une commission dexperts pluridisciplinaire qui précisera également les modalités dutilisation et dinterprétation des données. On constate, en effet, que les méthodes proposées en France à ce jour sont récentes et parfois non validées. Certains travaux sur le sujet ont cependant déjà été engagés. Il est possible de les consulter sur le site internet de lagence nationale daccréditation et dévaluation en santé (ANAES). Pour une meilleure efficacité du dépistage dès lécole maternelle, il convient enfin de renforcer la continuité entre la protection maternelle et infantile et la médecine de promotion de la santé en faveur des élèves. La généralisation de la transmission du dossier médical de liaison rempli par la PMI (institué par larrêté interministériel du 18 août 1997 publié au J.O. du 2 septembre 1997) permet dassurer, en lien avec les familles, le suivi prioritaire des enfants nécessitant une attention particulière. Enfin, si les difficultés dapprentissage de la lecture nont pas suscité détudes approfondies antérieurement, à loccasion de lévaluation en début de CE2, la situation des enfants présentant des compétences faibles en lecture fera lobjet dun examen attentif. A lissue des investigations réalisées en milieu scolaire, les parents sont invités, si nécessaire, à consulter pour leur enfant des professionnels de santé afin quun diagnostic soit établi. Ce diagnostic, pluridisciplinaire, sappuie toujours sur un bilan médical, orthophonique et psychologique afin déliminer tout déficit sensoriel, pathologie neurologique, trouble cognitif non verbal, trouble envahissant du développement ou des carences importantes dans lenvironnement de lenfant. Il doit permettre de préciser le caractère spécifique du trouble et sa sévérité, déliminer ou de préciser un éventuel trouble associé et dindiquer les modalités de prise en charge. Ces bilans peuvent être faits en ville auprès de professionnels de santé ou, pour les cas complexes, dans des centres de référence hospitaliers dont la liste établie par la direction de lhospitalisation et de lorganisation des soins (DHOS) sera régulièrement publiée par le Comité français déducation pour la santé (CFES). La coopération entre les professionnels à des fins déchanges, dinformations et délaboration de projets (notamment coordination des différentes étapes de repérage, de dépistage et de diagnostic et mise en uvre des mesures de prise en charge) est ici essentielle. En dautres termes, la qualité du repérage, du dépistage et du diagnostic denfants porteurs dun trouble spécifique du langage, constitue une étape essentielle et déterminante pour définir les meilleures conditions dune prise en charge individualisée. II Assurer la continuité des parcours scolaires des élèves Il sagit évidemment de privilégier une scolarité au plus proche du milieu ordinaire, accompagnée à la mesure des besoins de lenfant, sans exclure les prises en charge spécialisées si nécessaire, mais en évitant absolument dengager les élèves dans des filières rigides tout au long du parcours scolaire. Lorsque le diagnostic est établi, il est indispensable délaborer un projet individualisé de scolarisation, adapté à la nature et à la sévérité des troubles. Ce projet doit faire lobjet dun suivi, non seulement tout au cours de la scolarité primaire, mais également durant la scolarité secondaire car les difficultés persistantes dans la maîtrise de lécrit constituent bien évidemment une entrave durable pour lacquisition et lévaluation des connaissances scolaires. La prise en charge satisfaisante de ces élèves en milieu scolaire, dès lors que les troubles présentés sont graves, ne peut seffectuer sans quun partenariat soit établi avec les personnels spécialisés intervenant dans le domaine des soins et des rééducations. Cette prise en charge suppose en effet la mobilisation dune équipe pluri-disciplinaire. II 1 - Les modalités de prise en charge Dans une majorité de cas, lexistence de troubles spécifiques du langage est compatible avec une scolarité dans une classe ordinaire, moyennant une information satisfaisante des enseignants. Cette information doit leur permettre de mieux appréhender limpact de ces troubles sur les différentes situations dapprentissage (séquences mobilisant des supports écrits, productions écrites de lélève, apprentissage des langues vivantes étrangères, ) et den tenir compte lors des évaluations. Il convient en effet que lenseignant aide lélève à conserver la confiance dans ses capacités et à concentrer ses efforts sur des objectifs adaptés. Il peut ainsi maintenir un niveau dexigences raisonné, suscitant chez lélève la motivation nécessaire pour compenser les difficultés qui sont les siennes. Ces aménagements pédagogiques doivent permettre au plus grand nombre délèves de suivre une scolarité ordinaire. Ce nest que pour certains dentre eux, présentant des troubles sévères et, le plus souvent, pour une durée déterminée quune prise en charge plus globale dans un établissement spécialisé savère indispensable. En conséquence, le déroulement de la scolarité peut seffectuer : - pour la majorité des enfants et des adolescents concernés : - dans une classe ordinaire avec des stratégies pédagogiques diversifiées ; lenseignant veille à ce que les situations dapprentissage quil propose soient suffisamment variées pour permettre aux élèves dexercer leur compréhension et de manifester les compétences quils ont acquises, en dépit de leurs difficultés. - dans une classe ordinaire, conjuguant une adaptation de lenseignement avec des interventions des membres du réseau daides spécialisées (RASED) et un suivi par les médecins de lEducation Nationale en lien avec des dispositifs daccompagnement médico-social, ou encore des professionnels libéraux. Dans ce contexte, il ny a pas lieu de sopposer à des soins ou à des rééducations extérieurs à lécole pendant le temps scolaire. En effet, il peut être nécessaire daménager, selon les besoins, les horaires scolaires pour concilier, dans lintérêt de lenfant, scolarisation et interventions spécialisées. Ces projets individualisés établis en école primaire doivent trouver un prolongement, adapté à lévolution des besoins particuliers de chaque élève, en collège et en lycée. En effet si lexistence de ces troubles ninterdit pas aux élèves de suivre une scolarité ordinaire, leur impact demeure sensible, pour nombre dentre eux, tout au long de leur scolarité. - pour les enfants ou adolescents présentant des formes sévères (moins de 1 % des élèves) : - dans une classe dintégration scolaire (CLIS) dans une école ordinaire avec laide des services déducation spéciale ou de soins, pour une durée variable selon la sévérité des troubles présentés par chaque enfant ; ce dispositif collectif de scolarisation est structuré autour dun projet pédagogique précis élaboré pour des élèves présentant des besoins éducatifs suffisamment proches ; il doit favoriser autant quil est possible la participation de lélève aux activités dune classe correspondant à sa classe dâge. Lobjectif est bien de conforter les apprentissages en langue orale et écrite, daccroître lautonomie de lélève pour faciliter dès que possible son retour en classe ordinaire, avec un projet individualisé. - dans des unités pédagogiques dintégration (UPI) en collège, également structurées autour dun projet pédagogique précis, pour des adolescents présentant des troubles dont la sévérité exige des aménagements pédagogiques importants, peu compatibles avec une scolarité à temps plein dans une classe ordinaire de collège. Cette forme de scolarisation saccompagne de la continuation dune prise en charge par un service déducation spéciale ou de soins. - dans la classe dun établissement spécialisé, avec des rééducations et des interventions thérapeutiques intensives et pluridisciplinaires, dans le respect des exigences de la scolarisation et de la "vie personnelle" de lenfant ou de ladolescent, si lintensité des troubles exige une prise en charge dans un environnement spécialisé. Là encore, ce séjour, sauf exception, doit avoir une durée limitée (deux à trois ans). La qualité et la pertinence des prises en charge exigent une mise en cohérence, avec bilan périodique, des différentes interventions des professionnels. Quelles soient pédagogiques, rééducatives ou thérapeutiques, les prises en charge nécessitent une évaluation de lefficacité des méthodes de rééducation, de "remédiations" ou de compensations pédagogiques utilisées. Elles requièrent aussi un développement de la recherche appliquée susceptible daider à déterminer des contenus et des moyens de prise en charge. II 2 - Les modalités dorientation Toute orientation vers un dispositif collectif dintégration (CLIS, UPI), a fortiori vers un établissement spécialisé, requiert la décision dune commission de léducation spéciale : commission de circonscription préscolaire et élémentaire (CCPE), commission de circonscription du second degré (CCSD) ou commission départementale déducation spéciale (CDES), selon les cas. Par ailleurs, pour faciliter le travail des CDES dans lévaluation des situations les plus lourdes susceptibles de constituer un réel handicap et de nécessiter une éducation spéciale contraignante, des consignes réactualisées portant sur lusage du guide barème pour lévaluation des déficiences et des incapacités leur seront données, en application des indications élaborées par le comité de suivi du guide barème. En effet, dans létat actuel des choses, le guide barème comporte un chapitre spécifique concernant les conséquences des déficiences du langage (sévérité des incapacités et désavantages éventuellement générés par ces troubles), dont lapplication semble peu homogène. II 3 - Les modalités dévaluation des compétences Tout au long de la scolarité, il est nécessaire de veiller aux conditions (temps, supports, etc.) et aux critères dévaluation pour les élèves porteurs de troubles spécifiques du langage. Afin déviter que ne sinstalle un vécu global déchec chez ces élèves, on sattachera à distinguer, dans leurs productions, les acquisitions réelles dans les différentes disciplines et limpact des troubles sur la qualité de lexpression. Les conditions de passation des examens sont actuellement en cours daménagement ; elles doivent garantir le respect de lanonymat et la valeur des diplômes scolaires, professionnels ou universitaires. III - Organiser les réponses Pour mener à bien ce plan daction, il est nécessaire darticuler plusieurs volets : III-1 Mobiliser des ressources Au plan départemental Une meilleure prise en compte des besoins des élèves présentant des troubles spécifiques du langage devra requérir, dans certains cas, une adaptation des dispositifs pédagogiques spécialisés, voire une extension des places daccueil en établissements ou en services spécialisés agréés. Les groupes de coordination départementaux Handiscol constituent linstance danalyse de ces besoins et délaboration éventuelle de propositions. Parallèlement, les inspecteurs dacadémie directeurs des services départementaux de lEducation nationale (IA-DSDEN) veilleront à favoriser lélaboration, avec les Présidents des Conseils Généraux, dune convention cadre, précisant les modalités dintervention et de collaboration des équipes de PMI, des médecins de lEducation nationale, des RASED, des enseignants et des autres professionnels de santé. Cela permettrait de généraliser le dépistage des troubles spécifiques du langage à lécole lors des bilans de 3-4 ans et de 5-6 ans en sensibilisant, avec lappui des DDASS, les services du conseil général, et notamment celui de la PMI. Une circulaire dinstruction aux services déconcentrés incitera également les DDASS à identifier, au sein de chaque département, un réseau de professionnels de santé libéraux compétents pour lélaboration des diagnostics et le suivi des prises en charge en lien avec les centres référents précités. Les réflexions à mener dans les départements pourront se trouver éclairées par les conclusions de la mission confiée conjointement à lIGAS et à lIGEN afin dévaluer le rôle des dispositifs médico social et sanitaire, ainsi que des dispositifs pédagogiques concernés dans les réponses à proposer aux enfants porteurs de troubles spécifiques du langage, tant en matière qualitative que quantitative, pour le dépistage, le diagnostic et la prise en charge : centres daction médico-sociale précoce (CAMSP), centres médico-psycho-pédagogiques (CMPP), établissements et services médico-éducatifs de type services déducation spéciale et de soins à domicile (SESSAD), centres médico-psychologiques, maisons denfants à caractère sanitaire (MECS). Ces conclusions pourront donner lieu à instructions complémentaires. Au plan régional Un appel à projets a été lancé par la circulaire DHOS/01/2001/209 relative à lorganisation de la prise en charge hospitalière des troubles spécifiques dapprentissage du langage oral et écrit, adressée aux DRASS, DDASS et ARH le 4 mai 2001, avec pour objectif didentifier et de promouvoir, dans les centres hospitaliers universitaires, des centres référents formés déquipes pluridisciplinaires permettant délaborer des diagnostics précis, de proposer des modes de prise en charge et denvisager des études ou des recherches sur lévaluation de ces prises en charge. La liste des centres référents retenus sera régulièrement mise à jour et consultable sur le site internet du CFES. Enfin, afin détudier la possibilité de reconnaître les troubles sévères du langage au titre des affections de longue durée, une procédure de saisine du Haut Comité Médical de la sécurité sociale a été lancée. III-2 Former les acteurs et favoriser les coopérations Une information sur le repérage des signes dalerte et les prises en charge spécialisées, ainsi quune formation aux réponses pédagogiques diversifiées nécessaires seront intégrées à la formation initiale des enseignants du 1er et du 2nd degrés (dans le cadre de la maîtrise des langages et quelle que soit la discipline). Dans la formation initiale et continue des enseignants spécialisés - option E, F, G - seront confortées la prise en compte des difficultés dapprentissage du langage oral et écrit et les connaissances concernant les troubles spécifiques du langage en insistant notamment sur les aspects didactiques et pédagogiques. Des préconisations seront adressées aux centres de préparation des psychologues scolaires pour renforcer dans leur formation lapproche des troubles spécifiques du langage. Par ailleurs, des recommandations seront données aux Recteurs quant à lélaboration des plans académiques de formation continue, permettant un accroissement des offres de formation des enseignants du 1er et du 2nd degrés et pluricatégorielles (enseignement et santé) relatives à lapprentissage du langage (maîtrise, difficultés, troubles, remédiations). De la même manière, la formation initiale des médecins (sensibilisation au cours du second cycle des études, formation professionnalisante au cours du troisième cycle) sera enrichie afin daccroître leurs compétences sur les troubles du langage. Le cahier des charges du programme de formation initiale des orthophonistes est en voie de réactualisation afin notamment de développer les pratiques de recherche et dévaluation en orthophonie. De plus, dès lannée scolaire 2001-2002, le nombre détudiants à lentrée du certificat de capacité dorthophoniste a été relevé de 50 places. En ce qui concerne les psychomotriciens, une réflexion est en cours pour améliorer leur formation sur la prise en charge de ces enfants. Il est également nécessaire dintensifier la formation continue des professionnels de santé en accord avec la commission nationale dagrément des formations (pour les médecins) et les fédérations nationales dorthophonistes. Sagissant de la formation continue des orthophonistes, elle permettra de les former à lutilisation de nouveaux outils validés et de développer la recherche et lévaluation des pratiques professionnelles en orthophonie. Des propositions ont été faites par la Fédération Nationale des Orthophonistes (F.N.O.). Pour mener à bien ces programmes de formation, il convient de constituer un vivier de formateurs, tant dans le domaine de lenseignement que dans celui de la santé, en utilisant en particulier les groupes de recherche universitaires déjà engagés sur ces problématiques. Un pôle de ressources, de formation et de recherche en lien avec lUniversité et les centres hospitaliers universitaires sera développé dans le cadre de la réactualisation des missions du centre national détudes et de formation pour lenfance inadaptée (CNEFEI) de Suresnes. Enfin, pour diffuser plus largement, au delà des seuls spécialistes, linformation disponible sur lexistence de ces troubles, leur prévalence, les indicateurs et les outils permettant de les repérer, ainsi que sur les possibilités de prise en charge, le CFES a reçu la mission délaborer, en lien étroit avec les associations, un plan de communication vis-à-vis du public et des professionnels éducatifs, sanitaires et sociaux. III-3 Encourager des études et des recherches La qualité de lexpertise dépend en grande partie de la fiabilité des tests utilisés pour aider les enseignants à repérer et les professionnels de santé à dépister un trouble et à orienter le bilan. Les objectifs de chacun des tests disponibles doivent être connus et utilisés à bon escient, chaque fois quun enfant en difficulté aura été repéré. La mission assignée à la commission technique précitée, composée dexperts pluridisciplinaires épidémiologistes et cliniciens, denseignants et de représentants des ministères chargé de la Santé et de lEducation nationale, est délaborer pour les professionnels, au plan national, des recommandations sur les outils validés utilisables chez lenfant, notamment lors du bilan de 3-4 ans effectué par la P.M.I. à lentrée de lécole maternelle et lors du bilan obligatoire de 5-6 ans quassurent le médecin et linfirmière de lEducation nationale. Les besoins en matière de connaissance et dévaluation des pratiques professionnelles, en particulier en orthophonie, ont été soulignés à plusieurs reprises et figurent dans les recommandations de lagence nationale daccréditation et dévaluation en santé (ANAES). Des actions concourant à lévaluation des pratiques professionnelles des orthophonistes dans la rééducation des troubles spécifiques du langage pourront être financées par le fonds daide à la qualité des soins de ville (FAQSV). Les promoteurs devront présenter leur projet à un comité de gestion du FAQSV, instance décisionnelle en matière dattribution des aides. En fonction du caractère national ou régional du projet, celui-ci sera transmis par le promoteur aux services de la caisse nationale dassurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS) ou de lunion régionale des caisses dassurance maladie (URCAM). Seront aussi développées des études épidémiologiques et des programmes de recherche clinique, notamment dans le domaine de lévaluation des pratiques de soins. Un appel doffres reconductible a été lancé en ce sens par la circulaire DHOS/2000/641 du 28 décembre 2000 relative au PHRC 2001. Il sera procédé à des appels doffres reconductibles de recherche appliquée en lien entre le ministère de lEducation nationale et celui de la Recherche, notamment sur les stratégies pédagogiques et sur les contenus didactiques Compte tenu de la diversité et de la complexité des mesures à mettre en uvre, il est souhaitable dassurer le suivi institutionnel des mesures arrêtées. Cette tâche a été dévolue à un comité interministériel, permettant de consolider le partenariat déjà établi. De même, il semble souhaitable, tant au plan départemental que régional, de conduire la réflexion dans un cadre partenarial en associant les associations spécifiquement concernées. Vous voudrez bien alerter nos services sur toute difficulté dans la mise en uvre de la présente circulaire. |
| La Ministre de lemploi et de la solidarité, Elisabeth GUIGOU | Le ministre délégué à la santé Bernard KOUCHNER | Le Ministre de léducation nationale Jack LANG |
| Le ministre de la recherche Roger-Gérard SCHWARTZENBERG | La ministre déléguée à la famille, Ségolène ROYAL |