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TROUBLES COGNITIFS : COMPRENDRE ET AGIR La Loi du 11 février 2005 est une avancée très importante, mais son application demande une forte implication des associations et de chaque citoyen concerné. Les Troubles Cognitifs sont encore mal connus, ainsi que les situations de handicap qu'ils génèrent. Les textes légaux et les outils d'évaluation ne sont pas suffisamment adaptés à ces troubles. Il faut travailler à les faire évoluer et les associations s'y emploient. Chacun peut y participer. Pour bénéficier de droits, il est recommandé de bien connaître la loi. Depuis le 1er janvier 2006 la loi du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, pour la citoyenneté des personnes handicapées, est entrée en application. Le Handicap Cognitif est inscrit dans le préambule de la loi, définissant le Handicap : " Constitue un handicap au sens de la présente loi, toute limitation d'activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d'une altération substantielle, durable ou définitive d'une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielle, mentale, cognitive ou psychique, d'un polyhandicap ou d'un trouble de la santé invalidant ". Les Troubles
Cognitifs peuvent être : Il faut
insister sur un point : il est important que des diagnostics médicaux
soient posés (" Dyslexie ", " TDAH ", "
Dyspraxie ", etc.), mais ces diagnostics se limitent à donner
des explications sur l'origine des troubles. Des rééducations
ou des traitements peuvent en découler. Dans le domaine des troubles cognitifs, un bilan permet de comprendre les mécanismes des troubles et conduit à expliquer ce qui peut être mis en place pour compenser la situation de handicap. Ce sont ces indications dont les équipes techniques ont besoin pour instruire les demandes. Ce sont aussi ces indications qui serviront à l'adaptation de la scolarité ou du poste de travail.
Concernant
les enfants et les adolescents, depuis le 1er janvier 2006, il n'y
a plus de PISA ou de PIIS, mais un PPS (Projet personnalisé de
scolarisation). Cependant, pour de simples aménagements, un PAI peut suffire : Le décret
n°2005-1752 du 30 décembre 2005, relatif au parcours de formation
des élèves présentant un handicap, indique, dans
son article 6 :
Ce PAI est un contrat qui doit être signé par le médecin scolaire, le chef d'établissement et la famille (ainsi que par des membres de l'équipe éducative). N.B. Il faut savoir que le PAI s'arrête (pour le moment) à la fin de l'enseignement secondaire, alors que le PPS se poursuit dans l'enseignement supérieur et technique. LE RECOURS À LA MDPH Quand de simples aménagements de la scolarité (PAI) sont insuffisants, le dispositif de la nouvelle loi doit être utilisé. Il prévoit des possibilités diverses. Dans tous les cas : - Recours
à l'enseignant référent du secteur (voir sites
des inspections académiques) ; et, suivant les besoins (et, concernant les structures, suivant les possibilités locales encore limitées) : - Allocation
d'Education de l'Enfant Handicapé (AEEH) ; (N.B. les orientations en SEGPA peuvent être, dans certains cas, une bonne solution : elles dépendent d'une commission interne à l'éducation nationale et de la MDPH). Pour toutes les mesures citées ci-dessus, il faut passer par la CDAPH et ce sont les parents qui doivent faire la demande. Il est important de remplir soigneusement les formulaires, qu'il est possible, le plus souvent, de télécharger sur le site des MDPH. Il est utile de se faire aider par les associations. L'AEEH Elle concerne
tout enfant âgé de moins de 20 ans et dont le taux d'incapacité
est d'au moins 80 % ou compris entre 50 et 79 % s'il fréquente
un établissement adapté, s'il nécessite des soins.
Les compléments
sont attribués selon la gravité du handicap de l'enfant
et l'importance des charges liées à ce handicap. N.B. Depuis
le 1er avril 2008, la prestation de compensation du handicap (PCH)
est ouverte aux enfants et adolescents handicapés. Il est prévu
que l'extension de la PCH aux enfants se fasse en deux étapes :
le choix de la PCH est offert aux familles qui en font la demande depuis
le 1er avril 2008, mais les familles gardent la possibilité de
conserver l'AEEH (jusqu'à une date encore indéterminée).
Une famille qui a demandé et obtenu la PCH peut aussi revenir à
l'AEEH.
Les équipes
techniques pluridisciplinaires des MDPH s'appuient sur un dossier type
qui comprend un dossier médical et sur différents documents
pour évaluer la situation de handicap. En cas de
refus, il ne faut pas hésiter à contacter le médiateur
(quand il y en a un) puis à faire un recours gracieux (en demandant
à rencontrer la commission). Comme indiqué plus haut, le Guide Barème reste d'actualité, pour l'AEEH et la carte d'invalidité. (il est obsolète, malgré de récentes modifications : Décret n° 2007-1574 du 6 novembre 2007 modifiant l'annexe 2-4 du code de l'action sociale et des familles établissant le Guide Barème pour l'évaluation des déficiences et incapacités des personnes handicapées). Le chapitre IV du Guide Barème est consacré aux troubles du langage oral et écrit et à la dyscalculie (pour la dyspraxie ou l'hyperactivité, il faut se référer à d'autres chapitres du Guide Barème).
Extrait
de l'introduction de la CIF-EA Il est essentiel que les usagers et les associations s'approprient le GEVA et travaillent à son amélioration. N.B. Particularité
franco-française : bien que la CIF soit suffisante pour décrire
les situations de handicap, il est encore fait référence
dans le manuel d'utilisation du GEVA à l'ancienne classification
CIH I permettant de définir les " déficiences ",
alors que cette " entrée " est contraire à l'esprit
de la loi de 2005 et à la conception internationale actuelle du
Handicap. Tout cela peut sembler bien technique, mais il suffit d'aller voir ces nomenclatures pour comprendre l'importance de bien nommer ce que l'on veut faire reconnaître (vous trouverez ces nomenclatures sur Internet. Pour la CIF : allez voir la CIH II qui est la version presque aboutie de la CIF). AMÉNAGEMENTS DES EXAMENS Pour obtenir des aménagements des examens (temps supplémentaire, secrétaire, ordinateur ), il faut faire une demande auprès de la MDPH ou du Rectorat, mais il s'agit d'une procédure administrative ne nécessitant pas que le Handicap ait été reconnu par la CDAPH. Comme pour l'attribution de matériel, aucun niveau de handicap n'est demandé. C'est un
médecin, nommé par la CDAPH (en général,
médecin conseiller technique de l'Education nationale) qui donne
un avis sur examen du dossier médical. Il vaut mieux que l'enfant
soit déjà connu et qu'un PAI ait été mis en
place au cours des années précédentes. ENCORE QUELQUES PRÉCISIONS Les connaissances scientifiques actuelles établissent qu'il n'est plus possible de considérer les troubles du langage comme des troubles isolés et la circulaire de janvier 2002 (Plan d'Action sur les troubles du langage) indique bien que : " Les troubles spécifiques du langage oral et écrit (dysphasies, dyslexies) qui font l'objet de cette circulaire sont à situer dans l'ensemble plus vaste des troubles spécifiques des apprentissages qui comportent aussi les dyscalculies (troubles des fonctions logico-mathématiques), les dyspraxies (troubles de l'acquisition de la coordination) et les troubles attentionnels avec ou sans hyperactivité." Il s'agit de
dysfonctionnements neuropsychologiques qui apparaissent, dans les diagnostics
médicaux, comme une constellation de troubles apparentés
qui sont nommés : dyslexie, dysorthographie, dysphasie, dyspraxie,
dyscalculie, troubles " déficit de l'attention avec ou sans
hyperactivité ", syndrome hémisphérique droit,
talents particuliers associés à certains de ces troubles,
etc... La loi du 11 février 2005 n'évoque pas les " dysfonctionnements neuropsychologiques ", mais parle des " fonctions cognitives ", ce qui revient pratiquement au même. Des démarches
sont en cours pour que le Handicap Cognitif soit mieux pris en compte
et que les textes légaux deviennent plus cohérents à
ce niveau. Vous trouverez sur notre site www.coridys.asso.fr de nombreuses informations sur les troubles cognitifs et une rubrique juridique. Voir également le site de la CNSA (Caisse Nationale de Solidarité pour l'Autonomie), en particulier les " documents " : http://www.cnsa.fr/ De nombreuses
MDPH ont des sites sur lesquels il est possible de télécharger
les dossiers. Tous les parents délèves doivent avoir connaissance
du numéro de la plateforme téléphonique Aide
handicap école qui est pérennisée : 0810
55 55 00, e-mail : aidehandicapecole@education.gouv.fr. |