Brèves description du champ d'étude et d'action |
| Définition : La neuropsychologie est une science qui s'intéresse à la relation entre le fonctionnement cérébral et les fonctions cognitives. Il s'agit de connaître le rapport entre processus neurologiques et fonctions mentales supérieures. En somme, la neuropsychologie prise au sens large, c'est l'examen de la relation entre l'activité psychologique et la condition cérébrale correspondante. Elle étudie comment des modifications au niveau du cerveau affectent le comportement. Ceci implique une double approche quantitative. D'un côté, il y a l'approche scientifique de la psychologie qui vise à décrire objectivement et à comprendre les fonctions comme la perception, la mémoire, l'intelligence, le langage et de l'autre, il y a l'ensemble des connaissances scientifiques sur le cerveau décrites par la neuro-anatomie macroscopique et microscopique, la neurophysiologie, la neurochimie et la neurologie clinique. Il s'agit donc d'une science intégrative et synthétique basée sur des éléments tirés des neurosciences et des sciences cognitives. Ainsi, on distingue généralement trois branches de la neuropsychologie : la neuropsychologie clinique, la neuropsychologie comportementale/expérimentale et la neurologie du comportement. La neuropsychologie clinique (qui nous intéresse ici) a comme tâche de mesurer et d'analyser chez les humains les changements de leurs capacités intellectuelles, perceptuelles et mnésiques suite à un trouble cérébral. C'est en effet à travers l'étude de pathologies cérébrales acquises et sous l'éclairage de modèles tirés de la psychologie cognitive expérimentale que l'on a pu comprendre une partie du fonctionnement cérébral. La neuropsychologie effectue le diagnostic des cérébro-lésés en tenant compte du double aspect psychologique et neurologique. Sur le plan psychologique, on utilisera des tests standardisés qui permettent d'évaluer et de situer les performances d'un patient à l'intérieur de l'échelle quantitative du test. Sur le plan neurologique, il s'agira d'inférer la localisation du dommage cérébral, son étendue et ses répercussions sur l'ensemble du cerveau. Progressivement, la neuropsychologie s'est orientée vers la prise en compte de profils cognitifs particuliers dont l'étiologie n'était pas en rapport avec des lésions neurologiques avérées mais qui interféraient d'une façon particulière avec le développement des capacités instrumentales et d'apprentissage chez l'enfant. Le bilan neuropsychologique Les données de l'examen psychologique ont comme source les observations mettant en avant l'histoire du trouble ( origine de la première consultation), les différents rapports des examens médicaux ainsi que des tests psychométriques et des techniques d'examens structurés. En utilisant l'observation, l'examinateur peut apprendre beaucoup au sujet des comportements émotionnels et sociaux de l'enfant, ainsi qu'à l'égard du fonctionnement déficitaire des fonctions cognitives et d'exécution. L'histoire et les rapports sont indispensables pour développer un contexte dans le cadre duquel des hypothèses d'évaluation peuvent être formulées. La réalisation d'un bilan neuropsychologique a pour intérêt la recherche d'éventuels désordres touchant des systèmes repérés comme impliqués dans l'accès à la cognition. Il permet, d'une part, de mettre en évidence les processus fonctionnels afin de s'en servir comme appui rééducatif aux systèmes défectueux (dans le cas de déviances acquisitives), d'autre part, de montrer, outre la défectuosité parfois observée, le manque de fonctionnalité d'un système donné que l'on va entraîner progressivement ( dans le cas de délais acquisitifs ). Il faut noter que certaines démarches peuvent être mixtes, c'est-à-dire coupler compensation d'un système et entraînement de l'autre. Les données purement neuropsychologiques apportent les informations cliniques suivantes ainsi que les éléments diagnostiques qui s'y rattachent et dont le champ apparaît nécessairement extrêmement vaste. Il convient tout d'abord de définir les différentes composantes fonctionnelles du comportement Le traitement de l'information représente l'activité des fonctions intellectuelles. Les fonctions perceptives sélectionnent, organisent et classifient des stimuli reçus par l'organisme. On distingue : - Les fonctions de l'attention - Les fonctions mnésiques - Les capacités de raisonnement Corollairement, le bilan neuropsychologique organise le recueil des données orthophoniques et de psychomotricité, puis sélectionne et coordonne les éléments de synthèse théoriquement recentrés autorisant à la mise en place d'un diagnostic différentiel, notamment dans le champ de l'apprentissage du langage oral et du langage écrit qui nous intéresse plus particulièrement ici. C'est cette exploration synthétique et théoriquement recentrée qui autorise, normalement, à entrer dans une démarche médicale en classifications nosologiques multiples où à une pluralité des troubles répond une pluralité d'actes curatifs différenciés. Exemple d'intervention neuropsychologique dans les troubles Le langage occupe une telle importance dans les opérations cognitives qu'il est en fait évident que des activités qui ne semblent pas à proprement parler "verbales" fassent néanmoins appel à des processus qui empruntent des stratégies propres au langage. Inversement, les fonctions instrumentales doivent être optimales pour garantir l'accès à l'apprentissage du langage écrit et du langage oral. C'est pourquoi, la neuropsychologie aura pour but d'appuyer sa rééducation sur les activités dites associées, c'est à dire en lien plus ou moins direct avec le langage mais ayant une réelle valeur discriminative par rapport aux autres capacités cognitives, afin d'offrir à l'enfant tous les outils nécéssaires à l'apprentissage des fonctions de communication. Rappelons brièvement la définition de la dyslexie : "c'est un trouble qui se manifeste par une difficulté durable dans l'apprentissage de la lecture en dépit d'un enseignement normal, d'une intelligence appropriée et de bonnes conditions socio-culturelles." (Fédération Mondiale de Neurologie). On peut rajouter que l'enfant doit être indemne d'une quelconque déficience sensorielle ainsi que d'une atteinte de nature psychologique, psychiatrique ou neurologique reconnue. On peut supposer que l'acquisition du langage écrit repose, de façon très schématique, d'une part sur la maîtrise d'un certain nombre de traitements linguistiques (phonologiques et/ou sémantiques), d'autre part, sur l'acquisition de procédures d'analyse visuelle. Compte tenu de ses différents aspects de l'apprentissage du langage écrit, la rééducation neuropsychologique pourra, schématiquement, concerner plusieurs axes : - L'entraînement de la mémoire de travail qui permettra le maintien du matériel phonologique durant son transcodage couplé aux stockages de ces informations afin d'y appliquer un sens. De plus, la mémoire de travail joue un rôle non négligeable sur le plan des capacités d'organisations syntaxiques ainsi que sur la compréhension du langage écrit au niveau de la phrase. - L'entraînement de l'activité langagière écrite fait intervenir l'acquisition et la mise en jeu de procédures d'analyse visuelle spécifiques ainsi que l'automatisation progressive de ces procédures. - Les capacités d'attention soutenue qui font intervenir à la fois le maintien de la concentration pendant un temps donné mais aussi une fonction de rappel des informations stockées en mémoire. L'acte lexique implique ces deux types de traitements qui doivent être efficients si l 'on veut atteindre l'automatisation et la compréhension pendant l'activité de lecture. Ainsi, la rééducation neuropsychologique de la dyslexie aura pour but d'entraîner les fonctions nécessaires à l'élaboration du langage écrit mais cette prise en charge devra être obligatoirement jointe à d'autres prises en charges telles que l'orthophonie, la psychomotricité éventuellement la psychothérapie ainsi qu'une pédagogie adaptée afin d'en assurer une efficacité optimale. La neuropsychologie n'est pas une discipline individuelle, elle implique des actes curatifs pluridisciplinaires. Conclusion Les contributions de l'évaluation neuropsychologique à la recherche dans les sciences neurologiques cliniques se sont avérées de grande valeur. Ceci inclut le développement des critères de classifications du comportement ainsi que la description comportementale des déviances ou délais acquisitifs neurologiques. Le neuropsychologue aura pour tâche d'établir un diagnostic différentiel entre des troubles psychiatriques telles que la psychose qui peut interférer dans le développement des activités de langage et les troubles d'ordre Orpierre le 06/02/99 |