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Les
troubles spécifiques du langage oral chez l'enfant :
du retard sévère aux dysphasies de développement
R. Cheminal,
B.Echenne, Service de neuropédiatrie, CHU de Montpellier
1- Définition
:
Les troubles
spécifiques du langage sont définis comme une perturbation
durable et significative de la structuration du langage parlé,
chez un enfant normalement intelligent, qui entend bien, qui a envie de
communiquer, qui n'a pas d'autre pathologie neurologique gênant
la communication orale.
Il s'agit de troubles qui interfèrent avec les capacités
de communication de l'enfant et avec ses possibilités d'apprentissage
dans une civilisation de tradition orale dès l'école maternelle.
Par la suite, l'enfant va être en difficulté dans l'apprentissage
du langage écrit, donc dans sa scolarité et dans sa vie
sociale.
Ces pathologies doivent être connues et reconnues des enseignants
et ce d'autant plus qu'elles sont par définition, durables : les
implications pédagogiques seront donc constantes et les adaptations
nécessaires tout au long de la scolarité de l'enfant.
2- Démarche
diagnostique :
Devant un enfant
qui ne parle pas, qui parle mal, qui paraît ne pas comprendre quand
on s'adresse à lui, la démarche du clinicien se fera en
plusieurs étapes :
La première étape permet d'affirmer le décalage dans
les acquisitions langagières par rapport aux normes établies
pour l'âge de l'enfant.
La deuxième étape consiste à éliminer un certain
nombre de pathologies qui empêchent la structuration du langage
par l'enfant avant d'affirmer qu'il existe un trouble spécifique
du langage. La construction du langage par l'enfant est une construction
active : l'enfant entend, analyse et fabrique son propre langage ; il
a besoin d'entendre, d'écouter, de pouvoir déduire, d'avoir
envie de communiquer. Pour affirmer un trouble spécifique, il faudra
donc :
- éliminer une surdité
- éliminer un trouble envahissant du développement
- éliminer une déficience mentale
Dans un troisième temps, il faudra typer le trouble spécifique
: " retard " ou " dysphasie " ? Même si la terminologie
américaine actuelle regroupe dans le cadre des SLI, " specific
language impairment " ces 2 notions, pour nous elles méritent
en pratique d'être séparées en raison de la différence
dans l'évolution et le pronostic. Quand le diagnostic de dysphasie
sera retenu il faudra en spécifier le type.
Ce n'est qu'au terme de cette démarche rigoureuse que l'on pourra
proposer une conduite thérapeutique et une pédagogie adaptée.
2-A : La
connaissance parfaite du développement normal du langage et de
ses limites permet d'affirmer le décalage
Il existe une grande variabilité dans l'âge de début
d'apparition du langage, dans sa rapidité d'enrichissement et dans
l'acquisition de sa maîtrise totale. Dans la majorité des
cas, il s'agit d'une variabilité individuelle normale, analogue
à celle que l'on rencontre pour toutes les fonctions en développement.
Ailleurs toutefois, la situation se situe au-delà du physiologique,
et l'on parle alors de trouble du langage. Même en tenant compte
de ces variations individuelles, il est des limites au-delà desquelles
on doit considérer la situation comme anormale.
Nous avons ainsi défini de façon arbitraire un certain nombre
de paramètres utiles dans la pratique quotidienne et dont l'existence
permet de parler de retard dans le développement du langage.
Ce sont :
- l'absence complète de langage à 18 mois
- l'absence d'association de mots à 24 mois
- l'inintelligibilité de la production langagière au-delà
de 24 mois
- l'absence de construction syntaxique au-delà de 36 mois
- la non utilisation du pronom personnel " je " au-delà
de 36 mois
Ce sont toujours les troubles expressifs qui attirent l'attention des
parents. En fonction de l'âge de l'enfant les problèmes posés
seront abordés de manière différente :
Entre 18 mois
et 3 ans, il n'existe pas de moyen d'évaluation qui permette de
distinguer de manière reproductible des situations aussi différentes
qu'un simple retard de parole ou une dysphasie. Seuls peuvent être
éliminés un autisme ou une déficience mentale. Un
suivi régulier s'impose sans être inutilement alarmiste auprès
des parents, ni abusivement rassurant.
Entre 3 et 4 ans, la persistance des troubles du langage impose la réalisation
d'un certain nombre d'évaluations utilisant des batteries standardisées
inutilisables avant 3 ans ; ces batteries permettent d'approcher le diagnostic
sans toutefois pouvoir l'affirmer :
- En faveur du diagnostic de retard de parole et de langage des désordres
purement expressifs, ou presque, touchant essentiellement la phonologie
toujours dans le sens d'une simplification et des difficultés de
compréhension, quand elles existent, qui touchent plus la compréhension
des phrases que des mots isolés.
- En faveur d'une dysphasie : des troubles réceptifs touchant préférentiellement
la compréhension des mots isolés et des troubles expressifs
caractérisés par des phénomènes de complexification
et des structures syntaxiques aberrantes.
Entre 4 et 8 ans, le caractère anormal du langage parlé
devient évident ; plusieurs situations peuvent être isolées
:
- absence totale de langage
- inintelligibilité ou déformations plus ou moins marquées
des phonèmes avec fluence en général diminuée
- dissociation entre une compréhension décrite comme normale
et une expression pauvre, déformée ou déviante
- dissociation entre un vocabulaire correct, parfois riche et un développement
syntaxique insuffisant avec une grammaire rudimentaire
- dissociation entre vocabulaire, fluence et pragmatique chez d'autres
enfants
- difficulté isolée à retrouver des mots pourtant
connus
Au-delà de 8 ans, on est sorti en principe du cadre du retard de
langage et on est toujours dans le domaine de la pathologie et donc des
dysphasies après avoir éliminées les autres pathologies.
Les troubles du langage peuvent être abordés de manière
plus fine sur le plan linguistique.
2-B : Eliminer une autre pathologie permet d'affirmer un trouble spécifique
du langage
Devant les signes d'alarme ou d'inquiétude que nous venons de décrire,
il nous paraît indispensable d'adopter les mesures suivantes :
- éliminer une surdité par une audiométrie subjective
tonale et/ou vocale et éventuellement par l'étude des potentiels
évoqués auditifs.
- éliminer une déficience mentale dont le retard de langage
est souvent le premier signe. Il faudra donc analyser les potentialités
globales de l'enfant par des batteries adaptées à son âge
et à son niveau intellectuel : échelle de Mac Carthy entre
3 et 8 ans, Kauffman ABC à partir de 2 ans, W.P.P.S.I. entre 4
et 6 ans, W.I.S.C-III à partir de 6 ans.
- éliminer un trouble envahissant du développement par l'étude
des interactions non verbales et du comportement affectif. C'est théoriquement
un diagnostic facile. Mais 40% des enfants qui ont un trouble spécifique
grave du langage peuvent développer des troubles du comportement
parfois très précoces, sans qu'il n'y ait jamais cependant
de troubles interactifs aussi importants que dans les syndromes autistiques.
Un avis pédopsychiatrique sera sollicité dans ces cas. Dans
certains cas difficiles une observation prolongée est cependant
indispensable pour trancher.
2-C : De
quels moyens disposons-nous pour typer, puis classer le trouble du langage
?
Les étiologies précédentes étant exclues,
reste à envisager les troubles de structuration du langage, à
départager entre troubles fonctionnels (retard de parole et de
langage) et troubles structurels (dysphasies) puis éventuellement
à typer la dysphasie. Il faut donc réaliser une analyse
des caractéristiques linguistiques du langage. Les outils d'analyse
seront différents en fonction de l'âge, ils doivent permettre
d'apprécier, de la manière la plus fine possible, les différents
temps de la chaîne parlée de la perception des sons du langage
aux gestes moteurs nécessaires pour s'exprimer verbalement. Les
outils d'analyse utilisés dans le service de neuro-pédiatrie
du CHU de Montpellier sont résumés dans le tableau suivant
:
Praxies
bucco-faciales : items tirés de la Batterie d'évaluation
psycholinguistique de Chevrie-Muller
Articulation : Batterie de Chevrie-Muller
Versant réceptif du langage :
Identification des sons non verbaux
Analyse des stratégies non verbales d'aide à la compréhension
Phonologie :
-gnosies auditivo-perceptive (Batteries de Chevrie-Muller, test phonétique
de Lafon)
-épreuves de dénomination et de répétition
de la Batterie de Chevrie-Muller
-test d'Ausseterre-Lacert
Linguistique :
-vocabulaire : test de Légé et Dague, test E.C.O.SS.E,
test de Deltour, contres épreuves orales du test de California,
EVIP
-syntaxe : Batteries de Chevrie-Muller, test E.C.O.SS.E, token test
; évaluation des stratégies de compréhension
en situation orale de Khomsy
-compréhension d'un récit
Versant expressif du langage :
Phonologie : épreuve de répétition et de
dénomination de Chevrie-Muller
Vocabulaire : épreuve de dénomination de Chevrie-Muller,
adaptation pour les enfants de l'épreuve de Bachy-Langedock
Syntaxe : épreuves de définition de Deltour,
test des closures grammaticales de Deltour
Tests de fluence verbale
Analyse du dialogue en situation libre |
3-Classification
des troubles spécifiques du langage :
L'application
de la démarche des différentes techniques d'évaluation
des compétences verbales et non verbales de l'enfant que nous avons
décrites permet d'aboutir à un diagnostic de trouble de
structuration du langage dont l'analyse va s'affiner avec le temps.
On peut distinguer
:
3-A-Le retard
de parole :
C'est une modification de la structure phonétique des mots avec
des erreurs dans la combinaison de phonèmes juxtaposés par
influence réciproque des différents phonèmes voisins,
alors que les mêmes phonèmes sont correctement prononcés
lorsqu'ils sont isolés. Ce sont d'abord la persistance à
3-4 ans, d'un parler " bébé ", ceci sur des mois
ou quelques années. C'est plus tard la non-acquisition de certaines
consonnes alors que le langage lui-même (choix et ordre des mots)
est normal.
3-B-Le retard
de langage :
Schématiquement, 2 éventualités peuvent se rencontrer
:
- Chez certains enfants, le décalage est purement chronologique
; les acquisitions se font dans un ordre normal mais, de manière
étalée, avec un décalage inhabituel qui peut aller
de quelques mois à une voire deux années.
- Chez d'autres, et le plus souvent, le trouble est à la fois chronologique,
qualitatif et quantitatif. On peut observer, outre les éléments
témoignant d'un retard de parole des difficultés à
structurer le langage. Les difficultés sont essentiellement expressives
: limitation quantitative du stock lexical, difficultés à
acquérir de nouveaux mots, syntaxe approximative, simplifiée,
non-utilisation de certains temps, confusions touchant certains mots de
liaison ; lorsque la compréhension est touchée les difficultés
portent sur la compréhension des phrases plus que sur celle des
mots isolés.
3-C-Les
dysphasies :
Le diagnostic entre retard sévère prolongé et dysphasie
n'est pas toujours facile :
En faveur d'une dysphasie :
- Les troubles de la compréhension d'autant plus qu'ils touchent
la compréhension des mots isolés ;
- Des éléments de déviance touchent tous les domaines
de l'expression, même si il n'existe pas de marqueur linguistique
spécifique : hypospontanéité verbale, erreurs de
phonologie allant dans le sens d'une complexification avec des erreurs
non-reproductibles, troubles de l'évocation lexicale, dyssyntaxie
ou agrammatisme, manque d'informativité du discours.
En faveur d'un
retard de langage :
- La prédominance des troubles expressifs avec un parler d'enfant
plus jeune : phonologie simplifiée, erreurs reproductibles, syntaxe
en style télégraphique ;
- La compréhension est en rapport avec le niveau intellectuel non
verbal.
Le diagnostic
de dysphasie étant posé : comment classer les dysphasies
?
La classification de référence est celle d'Isabelle Rapin
et Doris Allen qui s'appuie sur le schéma classique des voies du
langage réception, analyse, programmation, expression et permet
de distinguer des dysphasies réceptives (agnosies verbales, autres
dysphasies réceptives ou mixtes) des dysphasies expressives. Il
existe par ailleurs des formes inclassables et des cas particuliers. Il
nous paraît important d'insister sur le fait que les dysphasies
sont des pathologies durables qui accompagnent l'enfant tout au long de
la vie et dont l'expression va évoluer en fonction du potentiel
propre de chaque enfant et de la prise en charge proposée : tel
enfant qui présentait à 8 ans une dysphasie phonologicosyntaxique,
présentera à 11 ans une dysphasie anomique.
3-C-a : les
dysphasies réceptives ou mixtes :
Tout trouble réceptif entraînera une difficulté expressive,
d'où la notion de dysphasie réceptive ou mixte. On peut
distinguer :
a- L'agnosie
verbale ou auditivoverbale :
Elle se définit par l'incapacité à reconnaître
les sons du langage malgré une audition normale. Cette incompétence
peut concerner à la fois les sons verbaux et non verbaux, ou se
limiter aux sons verbaux.
Cliniquement ces enfants se comportent comme des enfants sourds. L'audiométrie
subjective peut donner l'impression d'une surdité, d'où
le risque considérable d'erreurs de diagnostique, et, au moindre
doute la nécessité de réaliser des potentiels évoqués
auditifs.
La production orale de ces enfants est absente ou très réduite.
La mise en place précoce de stratégies de compensation est
la règle : mimiques, onomatopées, gestes sont surtout utilisés
dans les échanges avec l'entourage. Chez certains, vont apparaître
très vite des attitudes de repli et d'évitement : ce sont
ces formes là qui posent un problème de diagnostic différentiel
avec un syndrome autistique ou un autre trouble psychiatrique. Les difficultés
à communiquer et les troubles de compréhension vont générer
très vite des troubles du comportement soit de type agressif, soit
de type anxieux, avec toutes les erreurs d'orientation et de prise en
charge qui peuvent en découler.
b-Les dysphasies
phonologicosyntaxiques :
Ce sont les plus fréquentes des dysphasies. Le trouble expressif
paraît souvent prédominant, car spectaculaire, il limite
les possibilités d'expression et de communication. Dans l'ensemble
le langage de ces enfants est très pauvre, avec un vocabulaire
restreint et de nombreuses confusions de phonèmes. Les erreurs
se situent essentiellement au niveau phonologique et syntaxique : l'enfant
est en général dysfluent, avec un stock verbal pauvre, avec
une non utilisation des mots de fonction, des articles, des prépositions.
L'agrammatisme est net. Il existe souvent un manque du mot, compensé
par des paraphasies sémantiques, phonémiques, des périphrases
mal syntaxées et plus ou moins informatives. Le trouble réceptif,
même s'il n'est pas au premier plan, est constant, parfois proche
de l'agnosie verbale, parfois plus limité à un domaine plus
particulier du langage : mots isolés, substantifs, adjectifs, mots
de liaisons, voire notion spécifique temporelles ou spatiales.
c-Autres
formes réceptives non classables :
Nous avons rencontré un certain nombre d'enfants qui avaient un
trouble sélectif de la compréhension du vocabulaire et des
structures syntaxiques, sans troubles gnosique : lorsque ces enfants ont
une excellente mémoire verbale, leur niveau expressif paraît
supérieur à leur niveau réceptif. Ils utilisent des
phrases entières qu'ils ont mémorisées comme des
mots même s'ils n'arrivent pas à les analyser correctement.
A la différence des précédents leur langage reste
informatif. Les difficultés expressives apparaissent en situation
contrainte plus qu'en langage spontané.
3-C-b :Les
dysphasies à prédominance expressive
a- La dysphasie lexico-sémantique
Elle est caractérisée par une difficulté élective
à trouver ses mots et en apparence paraît expressive. En
fait il existe toujours associé un trouble de la compréhension
du langage oral ou écrit. Le langage spontané est souvent
correct mais ces enfants ont souvent des difficultés à dénommer,
à élaborer un récit sur demande, à commenter
un récit ou des images, à trouver le mot adéquat
ou la forme verbale adaptée, alors qu'ils n'ont pas de problème
en répétition de mots ou de phrases ; Les paraphasies phonétiques
et sémantiques sont fréquentes. C'est ainsi que cette forme
apparaît dans la classification d'Isabelle Rapin. On peut, à
notre avis la subdiviser en deux catégories en fonction de la sévérité,
de l'atteinte réceptive et de l'évolutivité :
- la dysphasie anomique dyssyntaxique, où le manque du mot et les
déviances syntaxiques persistent ; la compréhension est
rarement normale quand on l'analyse finement.
- la dysphasie anomique normosyntaxique qui se présente chez l'enfant
jeune comme la forme précédente, puis va évoluer
vers une amélioration de la syntaxe et de la phonologie, la compréhension
est normale, le manque du mot est sévère. Chez ces enfants
on rencontre une dissociation importante entre le QIP et le QIV qui a
pu atteindre 40 points dans certains cas. L'apprentissage du langage écrit
est pour eux très difficile ; la plupart deviendront des dyslexiques.
b- Le syndrome
de trouble de la programmation phonologique
La compréhension est normale ou subnormale, les enfants sont fluents
mais inintelligibles en raison d'une phonologie totalement déformée
; la syntaxe peut être correcte, mais parfois déformée.
Ces enfants sont capables de répéter des phonèmes
mais pas de les programmer. Selon l'âge et les perturbations linguistiques
mises en évidence, on peut distinguer :
-les troubles de programmation phonologique ;
-les troubles de programmation phonologique et syntaxique ;
-les troubles de programmation complexe, dans lesquels, si le trouble
de programmation est évident, on met également en évidence
un trouble réceptif. Dans ces cas-là on est proche des dysphasies
phonologicosyntaxiques.
3-C-c-Les dysphasies
sémanticopragmatiques :
Cliniquement elles se présentent comme un trouble prédominant
sur le versant sémantique de l'expression verbale. le contenu du
langage est peu informatif, souvent inadéquat, alors que la fluence
est normale voire très riche ; la mémoire auditive est excellente.
Ces enfants perçoivent correctement les sons du langage, les mots,
qu'ils peuvent répéter ; ils sont incapables d'en comprendre
la signification. L'accès aux raisonnements complexes et aux productions
complexes est impossible. Une écholalie très marquée
caractérise le comportement verbal de ces enfants qui paraissent
parler plus pour maintenir un contact que pour transmettre une information.
C'est une variété exceptionnelle de dysphasie qui peut poser
un problème de diagnostic avec un syndrome d'Asperger.
3-D-Les
frontières des dysphasies : apraxies et dyspraxies :
Les difficultés langagières qui se situent au niveau de
la programmation du geste moteur sont pour nous au-delà de l'organisation
du langage comme le sont les dysarthries : ces enfants ont des productions
qui restent très pauvres, réduites à quelques mots-phrases
déformés (apraxies verbales) ou parfois à des expressions
rudimentaires, mais avec une fluence très faible, un stock lexical
actif très pauvre (dyspraxie verbale).
4 - Intérêt des classifications : du bilan à la prise
en charge :
Il est probable
que l'on pourra mettre en évidence un jour le caractère
artificiel de cette classification. On considérera alors qu'il
existe un continuum entre des troubles réceptifs gnosiques mineurs,
présents dans certains retards de langage qui évoluent vers
une normalisation de surface du langage parlé, mais des troubles
du langage écrit et les troubles de programmation phonétique
de certains phonèmes en fait mal intégrés par la
boucle articulatoire.
C'est cependant la manière dont se présentent ces enfants
en clinique et la connaissance de l'évolution en fonction de la
forme qui permet de choisir un programme adapté de rééducation
et de pédagogie.
Il paraît important de rappeler que les dysphasies sont des troubles
durables et qu'il faut privilégier la qualité de l'informativité
du langage et la richesse de l'information apportée à l'enfant
sur la qualité de la forme dans la mesure où le langage
garde sa fonction de communication et d'échange.
Nous ne donnerons que des grands principes.
A-Prises en charge thérapeutiques et rééducations
:
- La réalisation d'un bilan détaillé et des moyens
de compensation mis en place par l'enfant permet de connaître les
poins forts sur lesquels s'appuyer, les éléments à
contourner, les compétences à renforcer.
- Il n'existe pas une technique adaptée à l'ensemble des
enfants dysphasiques : on choisira donc parmi les différentes méthodes
existantes.
- De manière systématique les moyens non verbaux de communication
seront proposés : gestes du français signé, pictogrammes,
langage écrit, utilisation de l'ordinateur.
-Un programme adapté sera proposé en fonction de ces différents
éléments.
B-Adaptations
pédagogiques :
Elles seront proposées en fonction du bilan cognitif, de l'âge
de l'enfant et de son niveau scolaire :
- Intégration individuelle avec contrat et soutien par des rééducateurs
libéraux ou par un SESSAD adapté.
- Intégration en classe spécialisée voire en établissement
spécialisé.
- Ultérieurement prise en compte du handicap pour les examens.
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